À propos des limites de quartier

Dans de nombreuses études, les «quartiers» sont souvent décrits comme des unités politiques, administratives ou statistiques résultant d’imposantes divisions de convenance géographiques sur un espace géographique (considérons par exemple les secteurs de recensement, les polygones de diffusion, les codes postaux, les quartiers, etc.). L’étude des quartiers d’Ottawa (ÉQO) utilise une approche différente pour délimiter les quartiers «naturels» qui incluent la perception des résidents des communautés dans lesquelles ils vivent, travaillent, se divertissent et élèvent leurs familles:

  • une approche fonctionnelle: à l’aide des données de Statistique Canada, l’ÉQO sélectionne des variables socio-économiques et démographiques pertinentes à partir du recensement. Ceux-ci sont utilisés en tant qu’intrants dans l’analyse par grappes à contraintes spatiales pour créer des proto-voisinages non seulement similaires dans un espace multidimensionnel, mais également adjacents les uns aux autres dans un espace géographique; et
  • une approche physique: les éléments environnementaux qui agissent comme des barrières naturelles (chemins de fer, artères, voies navigables, passages de ponts, hydro-servitudes, etc.) sont superposés aux proto-quartiers dérivés de l’approche fonctionnelle et les limites sont ajustées en conséquence. Les limites naturelles résultantes pour un proto-quartier peuvent suivre, en totalité ou en partie, une limite d’aire de diffusion (DA) et / ou une autre caractéristique apparente, naturelle ou imposée; et
  • un cadre de recherche participatif dans lequel les résidents sont invités à fournir des commentaires et des recommandations sur les limites du proto-quartier en fonction des processus économiques, sociaux ou liés à la santé qui se déroulent à l’intérieur et entre eux. C’est la dernière étape pour modifier les limites des proto-quartiers et produire des quartiers naturels de l’ÉQO.

Dans les zones rurales de la ville d’Ottawa, où la population est plus petite et souvent dispersée dans de plus grandes zones, l’ÉQO utilise:

  • cartographie dasymétrique pour approximer la véritable répartition géographique de la population, sans distinction de voisinage naturel ou de limites administratives, et calcul de pondérations géographiques afin d’améliorer les estimations de données basées sociales, de l’environnement et la santé dans les quartiers naturels de l’ÉQO, tant ruraux qu’urbains.
  • techniques de microsimulation spatiale permettant d’approcher les caractéristiques des personnes vivant dans des quartiers particuliers présentant une population plus réduite ou ayant très peu de données sur la santé, en fonction de variables de contrainte connues dans la région.

L’approche ci-dessus permet de délimiter les quartiers naturels à l’aide des données de “DMTI Spatial Inc.”, de Statistique Canada, de la Ville d’Ottawa, de la Commission de la capitale nationale, du Conseil immobilier d’Ottawa, de l’imagerie satellitaire Digital Globe, d’observations sur le terrain et de connaissances expertes et communautaires.

Il n’est pas rare que plusieurs communautés distinctes soient incluses dans un seul quartier naturel de l’ÉQO. Comme des estimations fiables pour de nombreuses mesures nécessitent des chiffres de population moyens à grands, les petites communautés ne peuvent pas être décrites séparément par l’ÉQO. Pour éviter la suppression des données et pour aider à stabiliser les calculs de taux, l’ÉQO tente de maintenir une population minimale de 4 000 habitants afin de définir les quartiers.

Malheureusement, lorsque de petites communautés sont incluses dans des quartiers naturels plus vastes, leur caractère unique peut être perdu. C’est une lacune des études de ce type. Ceux qui utilisent l’ÉQO pour éclairer leurs décisions en matière de planification doivent comprendre que les quartiers décrits ici peuvent masquer les forces et les défis uniques de certaines communautés distinctes en leur sein. L’ÉQO ne devrait être considéré que comme une source d’information; d’autres sources permettant d’identifier ces variations doivent également être prises en compte dans tout processus de prise de décision.

L’ÉQO examine et révise les limites des quartiers tous les dix ans (en tenant compte de deux cycles complets de recensement). Avec le temps, les populations peuvent croître ou diminuer, les éléments environnementaux imposés peuvent évoluer, la perception des quartiers par les résidents peut changer et/ou il peut y avoir des changements dans les processus sociaux, économiques ou liés à la santé se déroulant dans les limites. Les limites révisées rendent l’analyse des tendances difficile; toute modification d’une limite de quartier nécessite des modifications correspondantes non seulement des limites des quartiers adjacents, mais également des modifications des données décrivant les quartiers concernés.

Tous les utilisateurs qui souhaitent reclassifier une zone dans un quartier différent doivent consulter leur zone avec certaines des données utilisées pour générer les limites de l’ÉQO (zones de diffusion, entités naturelles, etc.) afin de comprendre comment les limites naturelles ont été initialement dérivé. Les utilisateurs peuvent contacter directement le responsable de l’étude ÉQO en utilisant ce formulaire.

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L’ÉQO a décrit sa méthodologie pour établir des limites naturelles de voisinage dans ces articles scientifiques:

  • Parenteau Marie-Pierre, M. Sawada, E. Kristjansson, et al. 2008. Development of neighbourhoods to measure spatial indicators of health. Journal of the Urban and Regional Information Systems Association, 20(2): 43-55
  • Mosley Brian & M. Sawada 2012. Estimating health determinants and outcomes in rural Ottawa: An integration of geographic and statistical techniques. University of Ottawa: unpublished